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Pêche électrique sur L'Aubonne/VD

Pêche électrique sur L'Aubonne/VDLe matériel, génératrice électrique à courant continu 600 V / 7 kW; bobines de fil sécurisé de 200 mètres; boîtier de sécurité avec bouton poussoir (coupe contact); anode (perche avec cercle conducteur, pôle +); cathode (grille métallique déposée dans l’eau, pôle -); épuisettes (à la taille des futures captures); vivier mobile oxygéné.
Sur les lieux, la génératrice est déposée en contre haut de la berge, puis « protégée » par un treillis orange fluo et des panneaux « danger électricité »
La cathode (grille -) est déposée dans l’eau, à proximité de la génératrice, puis reliée à cette dernière. La perche (anode +) est quant à elle en main de son utilisateur. Elle est branchée au boîtier de sécurité, géré par un opérateur. Cet accessoire sert, en cas d'incident, à couper le courant électrique. En compagnie des deux « épuisetiés », l'équipe de pêche, au complet, se retrouve dans l’eau.

Pêche électrique sur L'Aubonne/VDComment cela marche ?
Un courant électrique circule dans l'eau de l'anode à la cathode. Plus on se rapproche de l'anode, plus l'intensité de ce champ ainsi créé augmente. Comme le principe de la foudre, ce champ génère des lignes de tension virtuelles. Le poisson coupant ces lignes avec son corps; un courant électrique est ainsi induit dans ce dernier. Physiologiquement, l'électricité va agir sur la musculature et le système nerveux de l'animal. La galvanotaxie, au contact du champ électrique la nage de notre Belle est forcée en direction de l’anode, comme attirée par une force invisible.

Pêche électrique sur L'Aubonne/VDLa galvanonarcose, à l’approche de l’anode, le courant électrique induit dans son corps augmente et la musculature de notre Dame se tétanise. Elle est en quelque sorte paralysée. Il ne reste alors « plus » qu’à la prendre dans la filoche, puis la transférer dans le vivier mobile. A relever que l’électricité peut être active sur plus d’un kilomètre, selon la conductivité de l’eau. Afin d’éviter toute électrocution « dangereuse », à proximité de l’anode, chaque opérateur est « isolé » par des pantalons en Gore Tex ou en néoprene et des gants en caoutchouc. Une fois le vivier « plein », il est chargé sur une remorque, puis prend la direction la pêcherie, afin d’y déposer ses locataires mâles et femelles. Auxalentours de midi, les trois secteurs planifiés ont été prospectés. Début d’après-midi, les résidents fraîchement pêchés, sont séparés (mâles et femelles) en vue de la fraie. Résultat de cette matinée :
- 85 prises ;
- 31 femelles ;
- 30 mâles;
- 24 remises à l’eau, mâles trop âgés et femelles ayant déjà frayés naturellement.

Pêche électrique sur L'Aubonne/VDLa prise de la journée, un mâle de plus de 10 kg, il peut vivre entre 10 et 12 ans. Ce sont les besoins en repeuplement et les crues qui déterminent le nombre de pêches électriques en période de fraie. Les truites lacustres peuvent remonter toute l’année les cours d’eau, selon leur niveau. Toutefois elle privilégie la période de leur reproduction pour migrer. Dame lacustre est en fait une fario ayant changé d’habitat. Des études démontrent qu’une lacustre ne regagnant pas son lac et résidant en rivière, retrouvent notamment ses couleurs de base.

Je relève le professionnalisme des gardes du service de la faune et remercie tous les participants pour leur chaleureux accueil. Un remerciement particulier à Luc et Laurent.

Texte et photos de S. Vidoudez et A. Cavin.