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Le toc en Pyrénées...

Le toc en Pyrénées...Le but de cet article est celui de faire découvrir la pêche toc pratiquée en Pyrénées à nos amis suisses, peut-être aussi à bien d’autres. Si ces quelques lignes et images suscitent au lecteur quelques interrogations et quelques curiosités, alors je pense que notre but sera atteint…

Comme vous le savez, les Pyrénées, chaîne montagneuse formant une frontière naturelle entre la France et l’Espagne, abrite de nombreux cours d’eaux, à l’eau claire, limpide, souvent potable. Ces cours d’eaux, rigoles, pissadous comme on dit chez nous, rus, ruisseaux, torrents et rivières dans le piémont une fois que la pente s’est assagie, abritaient, et abritent toujours la reine de leurs eaux, à savoir la truite fario.
A partir de là, la pêche est née !

Aussi loin que ma mémoire puisse se souvenir des récits des anciens, ceux-ci pêchaient la truite avec les moyens du bord, à la fin du XIXeme siècle.
Un morceau de noisetier, ou de frêne composait la canne. La ligne, c’était du crin de cheval, et l’hameçon une épingle retournée. Les appâts étaient pratiquement tous d’origine naturelle. Pratiquement, car j’ai retrouvé quelques mouches artificielles de mon arrière arrière-arrière grand-père, composée de plumes de coq et de canard…
Les truites pullulaient, et nos chers anciens n’éprouvaient pas trop de difficultés pour en piquer quelques-unes. Le but de cette pêche était celui de manger uniquement, les choses ne sont plus les mêmes maintenant…

Ce n’est qu’à partir du début du XXeme siècle que la pêche est devenue un loisir, en plus de celui de pouvoir amener quelques truites dans son assiette.
C’est de celle-ci dont nous allons parler.

Le toc en Pyrénées...Un des précurseurs fut le célèbre Léon Foch. Il n’était certes pas le seul à pratiquer la pêche comme un loisir, mais fut celui qui a travers deux livres dont le premier « l’art de pêcher la truite » date de 1932. Un art, a t-il écrit…

Et il avait raison ! Dans chaque vallée pyrénéenne, un ou quelques pêcheurs locaux étaient au dessus des autres, prenaient plus que les autres. Car tous avaient compris qu’il s’agissait bien d’un art. A la différence des autres, il observaient, réfléchissaient, mémorisaient, et mettaient en pratique le tout. Non pas que leurs parents fussent des ignares, mais ces derniers pêchaient beaucoup plus à l’instinct, dans le but avoué de manger.

Ainsi, les premières cannes en roseau ou bambou virent le jour. Leur longueur pouvait varier de 4,8m à 6m. En deux, trois ou quatre brins, et comportait un moulinet à tambour tournant, contenant la réserve de crin. Celui-ci rentait dans la canne à 80cm environ au dessus du talon, pour en ressortir au bout du scion.

L’action de pêche :

Son but est simple. Et pour bien le comprendre, ça l’est encore plus… Et pourtant, certains l’on oublié !
Il s’agit de faire comme la nature fait. Et la nature fait toujours bien les choses. Donc il pleut, un ver de berge tombe dans l’eau. Il coule, et est transporté par le courant de fond, celui au ras du lit de la rivière. Et bien vous avez tout compris, il vous faire la même chose. Le seul problème, c’est que vous avez une canne, un nylon, un guide fil qui n’est pas un bouchon, des plombs, et un hameçon dans votre appât. La canne sert à propulser votre appât, et à le récupérer (parfois avec la truite). Elle ne sert à rien d’autre, ce n’est pas elle qui pêche, mais votre appât.

On ne pêche que rarement au toc à vue. Le toc s’adresse aux poissons postés au fond, soit sur leur poste de chasse, soit dans leur repaire. Il est souvent impossible de les voir. Donc, il appartient au pêcheur d’un simple coup d’œil, de déterminer en fonction de nombreux paramètres (saison, temps, heure, nature des eaux, profil du cours d’eau, etc.) à quel endroit précis ce trouve la truite. Précis, cela signifie à 20 cm près, et ce n’est pas une plaisanterie… Certaines « vielles mains » vous en feront la démonstration. A tel point qu’en les regardant pêcher, la chose vous semblera facile… En apparence ! Aucun coup de ligne n’est donné au hasard, croyez-moi ! Ceci dans un ruisseau de 1m de large comme dans une rivière d’une dizaine de mètres, parfois bien plus.


Globalité du reportage le toc en Pyrénées



Jean-François BOMPART