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VD, il faudrait 400 millions pour soigner nos rivières
Après Berne et les Grisons, notre canton est le troisième le plus poissonneux de Suisse. Cela ne console pas pour autant les pêcheurs. «La biodiversité et l’état des 4000 km de cours d’eau vaudois sont très inégaux, déplore Ernest Regard, président de la Société vaudoise des pêcheurs en rivières (SVPR). L’eau se réchauffe par manque d’arbres, les pollutions de phytosanitaires se multiplient. Les endiguements et la canalisation entravent la circulation des poissons.»
Si on y ajoute le pompage des eaux par les agriculteurs et les ravages des oiseaux piscivores, les pêcheurs ont de quoi faire la moue. Un rempoissonnement par l’homme est nécessaire dans 60% des cours d’eau. Par chance, les grosses crues de ces derniers jours n’ont pas alourdi le constat (lire ci-dessous). Rivières et ruisseaux ont néanmoins besoin d’une opération de revitalisation de grande envergure. Elle se chiffre en centaines de millions de francs.
Depuis des années, la SVPR et le canton mettent la main à la pâte. Deux millions de francs viennent d’être injectés dans plusieurs chantiers de revitalisation. On a construit une échelle à poissons à Cronay, des passes à Saint-Barthélemy, corrigé des ouvrages sur l’Arbogne, etc. «C’est pourtant loin d’être satisfaisant», affirme Jean-François Jaton, chef du Service des eaux, sols et assainissement (Sesa). Son service vient d’analyser 2800 km de cours d’eau (65% du réseau complet). Deux tiers des rivières vaudoises ont conservé leur état naturel. En revanche, pour 15% des tronçons pris en considération, l’impact de l’homme est jugé «d’important à grave».
Aux politiciens d’agir
Les zones de la plaine du Rhône, de l’Orbe et de la Broye sont particulièrement touchées. La biodiversité y est chaotique. Le poisson rare. Idéalement, il conviendrait de renaturer (en doublant par exemple les lits et les berges) des centaines de kilomètres de cours d’eau du canton. A raison d’un million de francs au kilomètre (cela comprend les travaux et l’achat des terres), il faut compter au moins 400 millions! L’ouvrage prendrait des décennies. «Les politiciens doivent se positionner maintenant et décider ou non de prendre des mesures dans le long terme», explique Jean-Pierre Jaton. Le Grand Conseil sera appelé à y réfléchir prochainement. Une motion du Vert Olivier Epars demande précisément l’affectation d’une part des redevances de concession des forces motrices à des mesures de renaturation et la création d’une commission cantonale de renaturation des cours d’eau.
Source, 24 heures en ligne, Vaud, du 16.08.2007, article de Christian AEBI, photo de Jean-Paul Guinnard.
Nous remercions Christian du forum pour cette information.
