Communiqués
FSP, extrait du journal Suisse de pêche, décembre 2007
« Eaux vivantes » : la direction de la campagne...
C'est à l'Association « Oui aux Eaux vivantes » qu'il appartient - comme on le sait - de s'occuper politiquement de l'initiative « Eaux vivantes » de la FSP. En font partie la FSP et ses partenaires Pro Natura, le WWF, la Fondation de la Greina. Présidé par Werner Widmer, président de la FSP, le comité fonctionnera comme comité d'action et sera accompagné à cet effet par Tobias Winzeler. Felix Wirz du Bureau ecopolitics (Berne) a été choisi pour diriger le cas échéant la campagne de votation. Ecopolitics assure déjà la communication et la coordination du lobbying dans le cadre de l'examen - en cours - de l'initiative par le Parlement.
... et les auditions
Le Conseil des Etats est le premier conseil qui se penchera sur notre initiative populaire. Sa Commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie (CEATE) a procédé à l'audition des représentants des différents groupes d'intérêt. L'Association « Oui aux Eaux vivantes » figurait au nombre des invités. La CEATE s'occupe simultanément des interventions parlementaires en suspens concernant la protection des eaux, les débits résiduels, les effets d'éclusées etc.
« Boulet » ?
En effet, la motion Epiney ne prend pas en compte une requête essentielle de l'initiative : le droit pour les organisations s'occupant de l'environnement de faire des propositions dans le domaine de la renaturation. Dans la CEATE, ce droit a été qualifié de « boulet » pour l'initiative, parce qu'il autoriserait les organisations s'occupant de l'environnement, dont la FSP, à sommer les cantons qui ne l'ont pas fait d'assainir les eaux détériorées. Cela reviendrait à priver les exécutifs de leur pouvoir, a-t-on fait valoir en séance de commission. Ce qui n'est pas tout à fait vrai. Les autorités politiques décideraient de la suite à donner aux propositions, avec possibilité pour les organisations d'interjeter recours auprès des tribunaux. Selon W. Widmer, on peut aussi considérer que les « droits acquis » qui datent de l'époque féodale et auxquels se réfèrent constamment les exploitants de centrales, sont un handicap politique. Leur fondement juridique est très fragile.
La protection des oiseaux se mobilise !
Le président de l'Association Suisse pour la Protection des Oiseaux (ASPO) réagit lourdement à la motion Dupraz qui demande la limitation de la population des grands cormorans, des hérons cendrés et des harles-bièvres.
Quelques jours après que l'ancien conseiller national John Dupraz ait déposé une motion exigeant la régulation efficace de la population des trois espèces d'oiseaux piscivores les plus importantes, eu égard aussi aux dommages causés aux filets des pêcheurs professionnels (JSP 11/07), le conseiller national Ruedi Aeschbacher (PEV ZH), président de l'ASPO, réplique en déposant un postulat. Il demande au Conseil fédéral d'accorder une plus grande attention à la protection des espèces d'oiseaux piscivores dans le cadre de la révision prévue de la loi sur la chasse.
Dans le développement de son intervention, R. Aeschbacher - comme un moulin à prières - invoque de vieux arguments : ce n'est pas la voracité des oiseaux qui est la cause première du recul des populations de poissons, mais la destruction de leur biotope. Les prélèvements de poissons opérés par des pêcheurs professionnels ou non, par des « poissons piscivores » ainsi que les maladies jouent aussi un rôle. Il se répand en lamentations sur l'autorisation « injustifiée » du canton de Fribourg de tirer 140 hérons cendrés par an et fait un plaidoyer en faveur des harles-bièvres. Or le harle-bièvre figure sur la « Liste rouge », mais comme espèce « vulnérable » et non pas comme espèce en danger. Le héron cendré fait partie des espèces « non menacées », et le cormoran n'apparaît dans aucune catégorie.
Malgré tout, R. Aeschbacher estime qu'une « définition restrictive des motifs d'intervention s'impose aux fins de mettre à l'abri de mesures injustifiées (...) le harle bièvre et le héron cendré ». Une « limitation rigide des effectifs » ne peut pas entrer en ligne de compte. Selon l'auteur du postulat, on ne peut intervenir qu' «en cas de dommages concrets». Il semble entendre par là qu'en cas de dégâts causés aux filets des pêcheurs professionnels pour le dédommagement desquels il demande la création d'une base légale. Détail intéressant : il chiffre à 5'000 oiseaux l'effectif hivernal constant des cormorans ces douze dernières années. Et il passe entièrement sous silence l'explosion du nombre des couples nicheurs depuis 2001.
L'intégralité du journal de décembre 2007 sur le site de la Fédération Suisse de pêche
