Communiqués
FSP, bonnes nouvelles du Palais Fédéral
La discussion sur les prédateurs reprend de la vigueur. C'est la première fois dans le passé récent qu'en sa qualité de gardienne suprême de la protection de la diversité des poissons, la Confédération se manifeste. Elle admet qu'il y a des situations dans lesquelles l'humain doit intervenir pour corriger le déroulement « naturel » des choses. Et c'est le cas lorsque l'équilibre entre les prédateurs et les proies est perturbé ou menace de l'être.
Harle bièvre et héron cendré
En acceptant la motion du conseiller national radical John Dupraz (GE), qui s'est retiré entretemps, le Conseil fédéral a révélé son intention d'autoriser les cantons à
« prendre des mesures au niveau de certaines populations d'oiseaux protégés (harle bièvre, héron cendré). » De plus, « les conflits entre les pêcheurs professionnels et la protection des oiseaux survenant dans des zones de protection nationales comme la réserve d'oiseaux d'eau et de migrateurs du Fanel à Cudrefin devraient être résolus sur la base d'une analyse transparente de la situation». Des discussions ont actuellement lieu à ce sujet. Concrètement, il s'agit entre autres de pouvoir dédommager les pêcheurs professionnels lorsque leur matériel de pêche est endommagé par les cormorans.
La même réponse a été donnée au conseiller national Ruedi Aeschbacher (PEV ZH), président de l'Association suisse de la protection des oiseaux ASPO/Birdlife Suisse. Dans son postulat, il demandait le contraire de Dupraz, soit le renforcement de la protection des oiseaux piscivores. Conçue pour contrer la motion Dupraz et bien qu'acceptée par le Gouvernement fédéral, l'intervention Aeschbacher s'est donc finalement révélée inutile.
L'attitude du Conseil fédéral est claire. Il reconnaît expressément que les peuplements de poissons diminuent considérablement et estime qu'une des raisons principales en est « l'état de nombreux cours d'eau ». Leur valorisation par une revitalisation ciblée joue un rôle central dans la protection des peuplements de poissons menacés. Ces mesures ne montreront leurs effets qu'à long terme.
Mais le Conseil fédéral observe qu' « il est possible d'améliorer la situation à court terme, du moins ponctuellement, en prenant des mesures concernant les oiseaux piscivores. » Il entend donc intégrer la demande des pêcheurs dans la révision en cours de la loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages (LChP). Pour rassurer Aeschbacher, le Conseil fédéral ajoute que les mesures ne devraient pas affecter négativement les effectifs de harles bièvres et de hérons cendrés à l'échelle suisse. Par la révision partielle de la LChP, il entend aussi « améliorer la tolérance des pêcheurs et pêcheuses envers les espèces d'oiseaux piscivores ». Le Conseil fédéral rappelle qu'au contraire du harle bièvre et du héron cendré, le cormoran est une espèce qui peut être chassée selon le droit en vigueur. La FSP exige toutefois que la période de protection soit conséquemment raccourcie.
Martin Peter, responsable du ressort de la protection des espèces à la FSP, s'est déclaré satisfait. Pas de doutes pour lui. « Malgré ceux qui l'ont condamnée, la stratégie de la FSP a fait ses preuves jusqu'ici », a-t-il déclaré. Et n'oublions pas que lors d'un symposium européen dédié au grand cormoran, le plan de mesures suisse a été loué et retenu comme un modèle possible pour des mesures analogues au niveau de l'Union européenne. Par ailleurs, la réduction de moitié des effectifs européens de cormorans a été exigée lors de la conférence qui s'est tenue à la fin de novembre à Bonn.
Echec à l'attaque contre le droit de recours
Le Conseil des Etats a rejeté - comme il se doit - l'initiative du PRD, initiée par la nouvelle conseillère nationale zurichoise Doris Fiala, contre le droit de recours des associations qui est important pour la FSP également. Par 23 voix contre 9, cette initiative populaire a été rejetée parce qu'elle manque de clarté, qu'elle est problématique sur le plan des institutions politiques et qu'elle n'est pas mûre. Le verdict n'a pas été très flatteur pour le Conseil fédéral qui, après l'avoir contestée au début, a finalement recommandé au Parlement d'accepter cette initiative. Le Conseil des Etats n'a pas voulu opposer de contre-projet à l'initiative, surtout parce que Mme Fiala et ses alliés se sont montrés tout à fait intransigeants lors de l'audition par la Commission des affaires juridiques et ils auraient rejeté « brusquement » et « énergiquement » l'idée d'un contre-projet. L'objet va au Conseil national.
Le sujet reste cependant à l'ordre du jour du Conseil des Etats puisqu'une motion et une initiative du canton d'Argovie demandent que le régime des recours soit optimisé dans le cadre du droit régissant l'environnement et l'aménagement.
L'intégralité du journal de février 2008 sur le site de la Fédération Suisse de pêche
