Site Passion Toc

Communiqués

FSP, motion régulation du cormoran...

FSP,  motion régulation du cormoran...Ce message pour vous informer que Le Conseil des Etats a adopté ce matin la motion concernant la régulation des cormorans.

Voici le texte de la motion du Conseil des Etats qui diffère quelque peu de celle adoptée par le Conseil National mais qui, pour l'essentiel, satisfait les pêcheurs:

Le Conseil fédéral est chargé, aux fins d'empêcher les dommages causés par les cormorans à la pêche professionnelle, par le biais d'une révision de l'ordonnance sur la chasse (OChP; RS 922.01) et de l'ordonnance sur les réserves d'oiseaux d'eau et de migrateurs d'importance internationale et nationale (OROEM; RS 922.32), de veiller à ce que:

la période de protection du cormoran puisse être raccourcie du 1er mars au 31 août;

les pêcheurs professionnels puissent utiliser leurs bateaux à moteur pour pouvoir procéder à des tirs d'effarouchement et protéger ainsi contre les cormorans les filets qu'ils ont posés;

l'Office fédéral compétent (OFEV) soit chargé d'élaborer en coopération avec les cantons un guide qui traite notamment des aspects suivants dans chaque région aquatique:

principes de régulation des colonies nicheuses de cormorans dans des réserves d'oiseaux OROEM selon l'art. 9, al. 1, OROEM;

principes de prévention des dommages aux filets des pêcheurs professionnels;

coordination des plans cantonaux de chasse aux cormorans et création de bases légales cantonales pour permettre aux pêcheurs professionnels de procéder à des tirs d'effarouchement afin de protéger leurs filets de pêche. »

Ci-dessous, la prise de parole du Conseiller aux Etats Vert genevois, Robert CRAMER, sur ce sujet où il soutient l'adoption de la motion avec un argumentaire qui, de la part d'un élu écologiste, nous fait plaisir !!

Cramer Robert (G, GE): La problématique du cormoran, c'est l'histoire de la protection d'une espèce qui a trop bien réussi. Constatant que les populations de cet oiseau marin migrateur diminuaient, les pays européens ont adopté il y quelques années des mesures de protection strictes. Et c'est ainsi notamment que les sites de nidification et de reproduction du cormoran, qui se trouvaient à l'époque dans les pays nordiques, ont été protégés d'une façon particulièrement rigoureuse. Et c'est ainsi notamment que l'on a mis fin à une coutume qui consistait, pour les jeunes gens, d'aller chercher des oeufs dans les nids des cormorans. Evidemment, cette pratique qui consistait à aller chercher des oeufs réduisait les populations de cormorans.

Les mesures qui ont été prises se sont avérées efficaces, elles se sont avérées efficaces à tel point que les cormorans ont cherché des nouveaux sites de nidification, leur population se développant. C'est ainsi que l'on a pu assister à cette apparition du cormoran en Suisse. Tout à l'heure le président de notre commission, Monsieur Schweiger, a rappelé que ce n'est qu'en 2001 qu'on a vu un premier couple de cormorans s'installer en Suisse, sur le lac de Neuchâtel. Aujourd'hui il y a 600 couples, demain il y en aura 3000 si on ne fait rien.

Cette situation est très pénalisante pour les pêcheurs, et notamment pour les pêcheurs professionnels. On a pu apprendre dans l'avis du Conseil fédéral qui nous a été remis à la suite du dépôt de la motion que, pour cette année-ci, on estime les dégâts aux engins de pêche à environ 400 000 francs mais que, à moyen terme, ces dégâts pourraient monter jusqu'à 1,4 million de francs. Mis à part ces dégâts sur les engins de pêche, il y a bien sûr les prélèvements que font les cormorans sur les poissons.

Vous savez depuis dimanche que ces poissons ne vont pas bénéficier d'un avocat pour les protéger, de sorte que ces prélèvements font partie des questions qui doivent nous préoccuper.

Le but qui est poursuivi par cette motion n'est pas de revenir à la situation d'avant 2001, quand l'idée était de n'avoir absolument aucun cormoran en Suisse, ou en tout cas qu'aucun cormoran ne nidifie en Suisse. Notre but, c'est d'arriver à trouver un équilibre. Le cormoran n'ayant pas de prédateur naturel dans notre pays, cet équilibre doit être trouvé par des procédés de régulation que les autorités responsables de la chasse et de la pêche doivent établir. Malheureusement, je dois relever que, sur ce point, l'administration fédérale et les administrations cantonales n'ont pris conscience que très tardivement de ce problème, de sorte qu'il a été nécessaire de déposer cette motion. Mais, immédiatement après avoir fait cette critique, je m'empresse de dire aussi que les propos que nous avons entendus de la part de l'administration en commission étaient très rassurants quant à la volonté d'intervenir désormais pour régler ce problème. Le texte de la motion tel qu'il a été modifié par la commission a reçu un bon accueil, et c'est un bon présage pour la façon dont il va être appliqué.

Pour ma part, je souhaite insister sur un point. S'agissant du guide qui sera élaboré en coopération avec les cantons pour régler notamment les principes de régulation des colonies nicheuses, il est indispensable que soit abordée la question de la destruction ou de la neutralisation des oeufs. C'est une façon de procéder qui est beaucoup plus efficace, beaucoup plus économe et beaucoup moins sanglante que d'attendre que les cormorans soient suffisamment grands pour les abattre. Nous avons pu apprendre en commission que neutraliser les oeufs, ce n'était pas contraire à l'éthique, s'agissant de réguler une espèce. Dès lors, je demande instamment que cette mesure-là fasse partie des mesures qui seront retenues.



Maxime PREVEDELLO - CD FSP - Communication Romandie