Communiqués
FSP, journal Suisse de pêche, 07-08. 2008...
«Maintenant plus que jamais !». Prêt au combat, le président de la FSP Werner Widmer, a réagi en ces termes après le non du Conseil fédéral du 8 juin à l'initiative pour la renaturation.
Voici comment ça devrait être. Des « Eaux vivantes » ne sauraient être mieux illustrées que par cette truite de lac remontant la Versoix, que l'objectif de Jean-Pierre Moll, notre collègue pêcheur genevois, a réussi à immortaliser.
Personne ne s'attendait plus à un rejet de l'initiative par le Conseil fédéral, alors qu'on savait publiquement que le chef du DETEC avait proposé le 30 mai à ses collègues du gouvernement de lui opposer un contre-projet indirect et qu'il avait été chargé d'établir quelques faits supplémentaires. Dix jours après, tout avait changé : le gouvernement fédéral ne voulait plus rien entendre d'un compromis. En invoquant de faux prétextes, il a sèchement rejeté l'initiative populaire de la FSP et infligé de ce fait un camouflet à plus de 160'000 électeurs et électrices qui, comme la FSP, sont d'avis qu'il est grand temps de prendre résolument en main la réalisation du mandat constitutionnel et légal de procéder à l'assainissement et à la renaturation des eaux dégradées.
« Déception et indignation»
La réaction de la FSP a été claire. Dans un communiqué de presse publié intégralement sous www.sfv.fsp.ch, elle a fait part de sa déception et de son indignation et a relevé que par la dureté de son refus, le gouvernement fédéral «ne compromettait pas seulement l'exécution du droit sur la protection des eaux, mais qu'il mettait également en danger les habitats et la diversité des espèces animales et végétales vivant dans les cours d'eaux».
La FSP ne peut pas du tout comprendre pourquoi le Conseil fédéral se refuse à faire appliquer des dispositions en vigueur depuis longtemps. Elle ne croit pas trop à ce que le Conseil fédéral affirme dans son communiqué de presse, savoir qu'au vu de l'état actuel des cours d'eau, il est nécessaire d'agir et d'appliquer les lois de manière conséquente. La même Confédération s'est en effet montrée trop complaisante depuis toujours à l'égard du train-train des cantons.
Mauvais prétextes
Le second argument invoqué, soit que le droit revendiqué pour les organisations de défense de l'environnement d'exiger par voie juridique l'introduction de procédures pour la renaturation, pourrait générer «une vague de propositions de projets et de procédures lancées par les associations...», est tiré par les cheveux. Aussi longtemps que les autorités compétentes ne négligeront pas leurs devoirs, la FSP et les organisations qui lui sont proches ne devront pas recourir à la justice. Et en peignant le diable sur la muraille tout en prétendant que l'initiative désavantagerait économiquement la production d'hydroélectricité « notamment la production d'énergie de pointe importante pour garantir l'approvisionnement », le Conseil fédéral est proche de la contrevérité. L'énergie de pointe est avant tout une machine à produire de l'argent aux centrales qui se remplissent les poches sur le marché européen de l'électricité. Elle n'est pas un facteur déterminant pour la sécurité de l'approvisionnement. En cas d'acceptation de l'initiative, les interruptions de la production de courant ne seraient pas plus conséquentes. L'avis des experts diverge à ce sujet : si le droit régissant la protection des eaux était respecté, il pourrait en résulter des pertes dans la production. Celles-ci pourraient sans autre être compensées par l'assainissement des installations vétustes et par une utilisation plus efficace de l'énergie.
En bref, la FSP dispose de suffisamment d'arguments solides. Le conseiller fédéral Leuenberger le sait, lui qui, dans l'édition de la NZZ du 9 juin, déclarait soutenir sur le fond les requêtes de l'initiative et lui prédisait de «bonnes chances» auprès du peuple. Que voulons-nous de plus ?
L'intégralité du journal de juillet et août 2008 sur le site de la Fédération Suisse de pêche
