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FSP Newletter 31.08.2010...
La Fédération Suisse de Pêche est en colère suite à l’attaque en règle de l’Union Suisse des Paysans contre la révision de la Loi sur la Protection des Eaux. C’est en 2009 que les Chambres fédérales ont mis sur pied cette révision, permettant ainsi aux pêcheurs de retirer leur initiative populaire « Eaux Vivantes ». Ce compromis élaboré soigneusement ne doit pas être mis à mal par la fronde paysanne. C’est la crédibilité du Parlement qui serait ainsi mise en cause.
De quoi s’agit-il ?
L’initiative populaire fédérale de la Fédération Suisse de Pêche, qui avait réuni plus de 161'000 signatures en 2006, a beaucoup fait bouger les choses : le Conseil fédéral, le Conseil national, le Conseil des Etats, les cantons, les milieux de l’économie hydraulique ainsi que les initiants sont parvenus à un accord sur un contreprojet cohérent et s’appuyant sur une révision de la Loi sur la Protection des Eaux (LPE). Ainsi les principales exigences de l’initiative ont été largement prises en compte et les pêcheurs ont pu retirer leur initiative.
Etrange attaque du monde paysan
Afin de réaliser les décisions du Parlement, l’Office fédéral de l’Environnement a donc élaboré les modifications nécessaires à l’Ordonnance sur la Protection des Eaux. Du point de vue de la Fédération Suisse de Pêche, il est absolument inacceptable que le monde paysan mène une attaque de grosse envergure contre ce travail de compromis, alors que ces modifications sont la concrétisation de ce qui a été décidé par le Parlement.
Des zones tampon et des terrains : une urgence !
Les zones tampon situées entre les terrains dévolus à l’agriculture et les ruisseaux, rivières et lacs sont un enjeu capital. La Loi fédérale sur la Protection des Eaux oblige les cantons à fixer les surfaces nécessaires aux fonctions naturelles des eaux, à la protection contre les crues ainsi qu’à l’utilisation des eaux. La FSP considère indispensable que la Confédération fixe les exigences minimales obligatoires afin que les cantons soient protégés des tentatives de pression de la part du monde paysan. Les nombreuses pollutions au lisier constatées dernièrement démontrent l’importance de ces zones tampon ainsi qu’une limitation de l’utilisation de ces sols.
Un des objectifs principaux de cette révision est la réduction des effets négatifs provoqués par les nombreuses centrales hydroélectriques qui pratiquent une gestion par éclusées (voir encadré). Il est dans ce cas indispensable de construire des bassins de rétention. Là aussi il faut réserver les terrains nécessaires.
Un affront envers le Parlement
Il est incompréhensible que les représentants politiques du monde paysan tirent à boulets rouges sur cet aspect central du projet. Ils remettent ainsi en question un travail de compromis patiemment élaboré. Du point de vue de la politique nationale, il est extrêmement dangereux que des décisions parlementaires fédérales démocratiquement admises puissent être remises en cause de la sorte par un groupe d’intérêts, en essayant d’influencer des décisions cruciales contre la volonté du Législateur. Selon la Fédération Suisse de Pêche, il est nécessaire que le Parlement ne se laisse pas déborder par ce putsch du monde paysan.
Eclusées
En Suisse, 130 centrales hydroélectriques augmentent leurs gains en adoptant le régime écologiquement dommageable des éclusées. Les marnages (écarts de débit entre les hautes et basses eaux) causés par ces centrales, mettent à sec et inondent successivement le lit majeur des cours d’eau. Ces variations de débit répétées journellement provoquent des dégâts considérables à la faune des rivières. Plusieurs centaines, voire des milliers de poissons et d’innombrables macro-invertébrés en périssent chaque jour.
