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Editorial de l'année 2007

Editorial de l'année 2007En ce début de millénaire, face aux problèmes grandissants rencontrés par nos rivières et notre domaine piscicole chaque pêcheur se doit d’être responsable. Le passé n’est plus, nos rivières se sont dangereusement appauvries, il devient impératif de réagir. Informons nos collègues sur les risques encourus et optons pour diverses solutions, échelonnées dans le temps.

A long terme, améliorons la lutte contre les micropolluants (résidus chimiques industriels, de consommation et de médicaments). Des études récentes démontrent qu’un grand nombre de ces résidus portent préjudice à la qualité des eaux et ne sont malheureusement pas encore dégradés ou éliminés par nos STEP. Ces dernières, sont avec les pesticides utilisés dans l’agriculture, les principaux responsables de l’apport de micropolluants dans les eaux (agriculture, projet pilote du Boiron à Morges). Les produits vétérinaires, le bétail « ingurgite » à lui seul quelque 40 à 50 tonnes d’antibiotiques chaque année en Suisse. Ces produits parviennent dans les lisiers et sont épandus sur les terres agricoles.

Editorial de l'année 2007A moyen terme, le rôle vital de la renaturation des cours d’eau ne fait plus aucun doute. Renforçons l’habitat de nos poissons et le débit de nos rivières. Fortifions, dynamisons la revitalisation, la renaturation, notamment à l’aide du génie biologique, avec comme objectif de rétablir un certain équilibre compromis actuellement. La synergie entre cette nouvelle technologie et l’amélioration écomorphologique des cours d’eau, diminue les coûts d’entretien, évite les crues, fait office de « filtre naturel » et garanti la biodiversité. Elle a également l’avantage de créer des zones de détente de tout premier ordre, pour des parties de pêche, promenades ou pique-niques.

A court terme, adoptons des mesures simples et flexibles, telles la fenêtre de capture, l’augmentation de la taille des prises dans certains secteurs. Appliquons une gestion des captures « proportionnelle » telle nos confrères chasseurs. Certains diront « encore des mesures contre nos intérêts ». Non, en parallèle créons des parcours rempoissonnés, pour les adeptes de la « non bredouille », des secteurs à « poissons trophées » pour les collègues désireux de surprendre de belles prises. Toutes les catégories de pêcheurs trouveront ainsi leur intérêt. Cette polyvalence de la pêche assurera la pérennisation de certaines piscicultures ou permettra à d’autres sociétés de bénéficier de revenus en améliorant ou en développant de nouvelles frayères.

Editorial de l'année 2007Quelques mots sur le repeuplement. Il est indispensable de l’effectuer à bon escient dans le cadre d’une gestion populationnelle de soutient et non plus dans le but de remplir les congélateurs ou pire, permettre la revente de ses prises à des fins de profit. Ces deux attitudes sont à bannir d’une ligne « de conduite » responsable face aux problèmes rencontrés par nos poissons. Le repeuplement peut être considéré comme une menace potentielle pour l’intégrité génétique des populations naturelles (Altukhov & al., 2000), en particulier lors d’introductions massives réalisées avec du poisson de toutes origines ou de souches fortement domestiquées (Largiadèr & Hefti 2002). Dans des eaux abritant une reproduction naturelle, la survie des poissons immergés est souvent faible. Cette faible survie peut être imputable aux quantités de poissons immergés, trop importantes par rapport aux capacités d’accueil du milieu, ou à la plus grande résistance des poissons sauvages mieux adaptés aux conditions locales (Gmünder & Friedel 2002).


Prenons conscience de la réalité, comportons-nous en qualité de pêcheurs responsables, même individuellement.


S. Vidoudez